Palmarès de l’innovation par région : le Languedoc-Roussillon dans le groupe de tête [Le Parisien]

Carte France Innovation régionsLe Parisien Economie a publié un palmarès de l’innovation en région basé sur les modèles des PME. Le Languedoc-Roussillon arrive dans le groupe de tête quelle que soit la catégorie envisagée.

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L’innovation des PME : une arme anti-crise [Compte-rendu de table ronde]

Ce vendredi 5 avril La Tribune avait réuni à l’Hôtel Océania de Montpellier quelques acteurs économiques majeurs de la région Languedoc-Roussillon pour une table ronde consacrée au thème de l’innovation des PME en temps de crise. Debriefing.

La Tribune 2

De gauche à droite : Christian Goutorbe (micro), Alix Roumagnac, Laurent Cambus, Karim Rafai, Anne-Yvonne Le Dain, Jean-Pierre Moure, Magali Boisseau, Emmanuel Petiot et Olivier Lapierre.

Les invités

C’est Jean-Claude Gallo, vice-président de La Tribune et directeur de la publication d’Objectif Languedoc-Roussillon, qui ouvrait un débat animé ensuite par Christian Goutorbe, correspondant en Languedoc-Roussillon pour La Tribune.

Le choix des invités se voulait représentatif du paysage économique languedocien et de ses acteurs. Etaient ainsi présentes deux personnalités politiques : Anne-Yvonne Le Dain, députée de l’Hérault et vice-Présidente du Conseil Régional de Languedoc-Roussillon, en charge au sein du même conseil notamment de l’innovation, et Jean-Pierre Moure, Président de la Communauté d’agglomération de Montpellier.

L’aide à la création d’entreprise et à l’innovation était représentée par Laurent Cambus, délégué innovation pour Oséo Languedoc Roussillon.

Cinq personnalités ayant des responsabilités au sein du monde de l’entreprise venaient compléter l’auguste tribune : il s’agissait de Magali Boisseau, PDG de Bedycasa, Olivier Lapierre, PDG de Symétrie, Emmanuel Petiot, DG de Deinove, Karim Rafai, responsable Languedoc Roussillon pour ERDF, et Alix Roumagnac, PDG de Predict Services.

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L’innovation, un défi constant

Ce 15 novembre avait lieu à l’UFR AES de l’Université Montpellier 1 une table ronde intitulée « Les défis de l’accompagnement de la jeune entreprise innovante« , organisée à l’initiative du Labex Entreprendre dans le cadre du Master 2 Accompagnement Entrepreneurial. Voici en quelques lignes les éléments (non exhaustifs) que j’ai retenus de ces deux heures et demie d’échanges courtois et conviviaux.

L’innovation en tant que facteur de différenciation des PME

En fait de table ronde, il y en avait deux successives. La première avait pour thème l’innovation en tant que facteur de différenciation des PME. Animée par Karim Messeghem himself, elle donnait la parole aux intervenants suivants :

L’introduction de Karim Messeghem débutait par la définition de l’innovation via le manuel de Frascati : une innovation peut être soit de produit ou de procédé (innovations souvent dites « technologiques ») ou encore d’organisation ou de marketing (innovations « non technologiques »).

Karim Messeghem rappelait ensuite qu’entre 2008 et 2010 49% des entreprises de plus de 10 salariés ont innové – sachant que les sociétés exportatrices innovent davantage que les autres.

Les intervenants se présentaient ensuite eux-mêmes, tant du point de vue de leur personne que de la structure qu’ils représentaient. Ce fut notamment l’occasion pour Pierre Alzingre de Via Innova de rappeler l’importance de l’humain en tant que centre de gravité de toute innovation au sein de sa structure, qui représente elle-même un défi en soi du fait de la proximité de grosses pépinières comme le BIC de Montpellier.

De son côté, Luc d’Auriol, de Metafora Biosystems, rappela que la première innovation reste déjà la création de l’entreprise, premier défi à relever. Anne Lichtenberger tenta de définir les missions et prérogatives de Transferts LR au sein du tissu touffu et complexe d’accompagnement de l’innovation en Languedoc Roussillon, notamment en précisant que Transferts LR avait une mission d’animation du réseau régional d’innovation au sens large du terme, c’est à dire non réduit à la création d’entreprise.

Géraldine Karbouch de LR Incubation prit ensuite la parole et, pour mon plus grand plaisir, annonça que de plus en plus de projets de Sciences Humaines et Sociales étaient accompagnés par LRI, qu’il s’agisse de projets exclusivement SHS ou croisés avec d’autres secteurs de recherche. Enfin, Stefan Brouwers du cabinet Efficient Innovation proposa la définition de l’innovation retenue par son cabinet :

« Innovation : offre qui apporte simultanément des différences visibles et une valeur ajoutée. »

Vint ensuite le moment de la table ronde, qui débuta par l’évocation des réseaux et de leur importance. Selon Anne Lichtenberger de Tranferts LR, aucune structure ne possède une somme de compétences assez exhaustive pour apporter aux chefs d’entreprises innovantes tout ce dont ils ont besoin. Selon elle, il s’agit d’ailleurs de l’une des forces du réseau languedocien que de prendre en compte au quotidien de manière pragmatique cette nécessaire complémentarité dans les rapports entre structures.

Stefan Brouwers du cabinet Efficient Innovation insista alors sur la définition du rôle d’accompagnant tel qu’il le conçoit : il s’agit de rendre lisible la proposition de l’entreprise et le rôle qu’elle se donne, alors-même que l’innovation dont elle est porteuse est un facteur d’invisibilité par nature.

Pour Géraldine Karbouch de LRI il s’agissait plutôt de mettre l’entrepreneur, 18 mois avant la création effective de l’entreprise, en face de la bonne équipe de recherche, voire du bon chercheur. Un frisson d’admiration parcourut l’amphi D300 (bondé, au demeurant) lorsqu’elle se dit prête à aller « jusqu’à Perpignan » pour accomplir sans faillir cette tâche cruciale.

Vint ensuite le moment de parler plus précisément de la création d’entreprise innovante. Pierre Alzingre de Via Innova montra clairement que l’innovation et la direction d’entreprise sont deux métiers tout à fait différents.

L’accompagnement en tant que facilitateur et accélérateur d’innovation

La seconde table ronde s’est intéressée à l’accompagnement en tant que facilitateur et accélérateur d’innovation. Animée par Sylvie Sammut, elle donnait la parole aux intervenants suivants :

Catherine Pommier du BIC présenta la vocation de sa pépinière, qui est de détecter des projets innovants. Le BIC approcherait ainsi les 500 start-up aidées à ce jour. Le taux moyen de pérennité dépasserait 88% à 3 ans et 75% à 5 ans et plus. Catherine Pommier expliqua très précisément l’importance du facteur vitesse dans la mise au point d’un projet innovant : c’est la rapidité d’accès au marché concerné qui reste l’un des plus grands facteurs de réussite pour l’entreprise innovante. C’est donc là dessus que travaille le BIC en priorité. Le second facteur reste, toujours selon Catherine Pommier, l’argent : d’où l’importance pour le BIC là aussi d’aider à la structuration financière du projet.

Philippe Rajosefa de Synersud présenta son réseau, qui regroupe les pépinières et incubateurs de la région Languedoc Roussillon. Il en profita pour développer le concept de « vallée de la mort », située entre la troisième et la cinquième année de la vie de l’entreprise, et correspondant au moment décisif où l’entreprise peut mourir pour n’avoir pas su investir son marché dans les temps.

Parmi beaucoup d’autres interventions remarquables et impossibles à reprendre toutes ici citons Vincent Turries de Melies qui insista sur l’aspect personnel du patrimoine investi par les Business Angels. Melies représente ainsi 2 millions d’euros investis dans 25 entreprises. Luc d’Auriol évoqua l’importance d’être prêt à travailler dans un premier temps sans rémunération, notamment avec les grands groupes, lorsqu’un contrat d’importance est envisagé ensuite.

A noter que revint au cours des deux tables rondes l’exemple d’Alorée, entreprise créée par Alexandra Crosse, comme le symbole chlorophyllien de la réussite innovante.

Vinrent ensuite les questions, réduites à la portion congrue du fait de l’enthousiasme responsif par ailleurs très appréciable des participants. Il s’agira d’ailleurs de ma seule frustration, celle de n’avoir pas pu avoir leur réaction aux propos récents (voir ci-dessous) de Bertin Nahum, président de MedTech, en son temps locataire de Cap Omega, concernant d’éventuelles lacunes franco-françaises dans la stratégie d’accompagnement des entreprises innovantes au moment d’aller rencontrer les clients potentiels.

Mais ce débat n’est de toute manière pas clos.

Au final reste la sensation d’avoir passé deux heures et demie très riches et absolument passionnantes. Merci donc à chacune et chacun des intervenant(e)s ainsi qu’aux étudiants de Master 2 organisateurs de la table ronde pour cet évènement.

Pour lire des extraits de l’interview accordé par Bertin Nahum à Atlantico le 27 octobre dernier, cliquez ci-dessous.

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Les entreprises innovantes en Languedoc Roussillon : étude INSEE

Innover : en cette période de crise économique, le mot est sur toutes les lèvres, et certainement à juste titre. Mais quelle est la définition exacte de l’innovation, et quelle réalité lui correspond-elle concrètement en Languedoc Roussillon ?

Définir l’innovation

Le Manuel d’Oslo, dont la troisième édition est parue en 2005, est la référence internationale en termes d’innovation. Il reconnait quatre types d’innovation : les innovations de produit, les innovations de procédé, les innovations de commercialisation et les innovations d’organisation.

  • L’innovation de produit : L’introduction d’un bien ou d’un service nouveau. Cette définition inclut les améliorations sensibles des spécifications techniques, des composants et des matières, du logiciel intégré, de la convivialité ou autres caractéristiques fonctionnelles.
  • L’innovation de procédé : La mise en oeuvre d’une méthode de production ou de distribution nouvelle ou sensiblement améliorée. Cette notion implique des changements significatifs dans les techniques, le matériel et/ou le logiciel.
  • L’innovation de commercialisation : La mise en oeuvre d’une nouvelle méthode de commercialisation impliquant des changements significatifs de la conception ou du conditionnement, du placement, de la promotion ou de la tarification d’un produit.
  • L’innovation d’organisation : La mise en oeuvre d’une nouvelle méthode organisationnelle dans les pratiques, l’organisation du lieu de travail ou les relations extérieures de la firme.

L’étude : les entreprises innovantes en Languedoc Roussillon

L’étude de l’INSEE est signée Sylvie Gomez. Elle a été réalisée en partenariat avec Transferts LR et la Stratégie Régionale d’Innovation LR. Voici une synthèse de la synthèse. Les graphes et leurs commentaires sont tirées de l’étude, dont vous pouvez retrouver l’intégralité ici.

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BCL Invent, l’innovation au coeur de la pratique médicale

Pour faire suite aux propos développés dans mon article précédent par Bertin Nahum, mettons-les en perspective avec l’exemple d’une société innovante que je connais bien, BCL Invent. Créée en 2008 et installée à Sarrebourg, en Lorraine, BCL Invent a mis au point un distributeur automatique de gel échographique breveté, l’Echo Revolution, destiné à faciliter le travail des médecins utilisant l’échographe.

Le procédé est efficace, ergonomique et économique : il permet, par une simple impulsion sur la commande au clavier de l’échographe ou au pied, de délivrer la quantité de gel nécessaire à l’examen. Outre le gain de temps (entre 5 et 15 % de temps gagné par examen), un tel dispositif permet d’économiser du gel, d’accroître le confort, d’améliorer l’hygiène et de réduire les déchets.

Le bilan est donc sans appel, tant pour le patient que pour le praticien. D’ailleurs les témoignages de reconnaissance affluent : professeurs chefs de service en CHU,  angiologues, radiologues et cardiologues, ils sont nombreux à se relayer sur le site de BCL Invent pour dire tout le bien qu’ils pensent de l’Echo Revolution après l’avoir expérimenté sur la durée. L’un des témoignages les plus explicites est peut être celui du Pr Dauzat, médecin vasculaire CHU de Nîmes :

  • 1972 : Je fais mes premiers pas en échographie – mode A – avec un échoencéphalographe, et un flacon de gel.
  • 1975 : Premier contact avec le Doppler à émission continue, et un flacon de gel.
  • 1979 : Mes débuts en échographie vasculaire – mode B – avec un échotomographe à balayage mécanique, et un flacon de gel.
  • 1981 : Notre premier système écho-Doppler, et un flacon de gel.
  • 1986 : Nous recevons un premier écho-Doppler couleur, et un flacon de gel.
  • 1989 : De mieux en mieux : 128 canaux ! Et un flacon de gel.
  • 1998 : Du duplex au triplex, avec le 3D en prime, et un flacon de gel.
  • 2000 : Un nouveau millénaire, et un flacon de gel.
  • 2009 : Un distributeur automatique de gel, enfin !

 Bref, une success story en puissance… sauf que chez BCL Invent le constat rejoint celui de Bertin Nahum exposé précédemment : même si le produit est compétitif, il reste difficile pour les entreprises innovantes de créer à partir de rien leur crédibilité. C’est à ce moment-là que le sentiment d’isolement est le plus pesant sur les épaules du chef d’entreprise. C’est ce que confirme le Dr Frédéric Bosler, médecin vasculaire, co-fondateur et gérant de BCL Invent :

« Je me retrouve dans beaucoup des affirmations de Bertin Nahum. Le premier problème que nous avons rencontré avec BCL Invent est celui de la défiance, de la suspicion envers quelqu’un qui est issu du milieu médical et qui sort des sentiers battus de par son activité de chef d’entreprise. En France, dans l’esprit des professionnels, chaque activité a vocation à rester cloisonnée, ce qui laisse peu de place à l’initiative innovante.

Le second problème fut celui du lancement : même si les tests menés auprès de professionnels étaient concluants, et que les retours étaient très bons, il nous a été difficile de concrétiser ces réussites lors de la phase de commercialisation. C’est à ce moment-là que nous aurions eu besoin d’une expertise extérieure à notre entreprise et d’un appui logistique pour soutenir les arguments que nous avancions et pour convaincre les fabriquants d’échographes, les CHU et les praticiens libéraux.

Le drame, c’est que si les idées sont nombreuses en France, elles ne se concrétisent que trop rarement. Pour que l’innovation devienne un élément de reconstruction économique en France et en Europe, il faudrait non seulement que se mette en place un véritable entonnoir qui réceptionne les idées innovantes, pour ensuite en extraire les meilleurs projets, les accompagner jusqu’au prototype, mais aussi que se créent des structures crédibles, synonymes de qualités, qui seraient spécialisées dans la commercialisation des produits finis pour en assurer le lancement.« 

Consolons-nous, les composantes de l’innovation (idées neuves, créativité, volonté, détermination) existent en France. Elles sont valorisées dans les discours officiels de façon consensuelle : la sortie de la crise que nous traversons depuis 2008 passera par l’innovation. Les chefs d’entreprises innovantes sont prêts.

Bertin Nahum, ou la réussite par l’innovation

Son nom est désormais sur toutes les lèvres : Bertin Nahum, patron de Medtech, le montpelliérain qui tutoie le temps d’un classement les génies géants des XXème et XXIème siècles que sont Steve Jobs (Apple), Mark Zuckerberg (Facebook) et James Cameron (Titanic et Avatar, entre autres).

Le classement en question est celui réalisé par le magazine pédagogique canadien The 10 Discovery Series, qui a consacré l’un de ses numéros aux 10 chefs d’entreprises high-tech les plus révolutionnaires. Bertin Nahum y figure en quatrième position, derrière les trois lauréats prestigieux cités à l’instant. Parmi ceux qui le suivent citons notamment le Chinois Robin Li, septième, fondateur du moteur de recherches Baidu, ou encore Paul Hawkins, neuvième, inventeur du Hawk-Eye, un calculateur de trajectoire de balles de tennis, cricket et autres sports.

L’entreprise de Bertin Nahum, Medtech, se définit elle-même comme

« une entreprise au service de la santé dont la mission consiste à étendre à une plus large échelle l’utilisation des technologies médicales pour le bénéfice des patients, des praticiens et des organismes de santé. Elle conçoit, développe et met sur le marché une nouvelle génération de technologie d’assistance aux gestes médico-chirurgicaux contribuant à la mise en œuvre de traitements plus sûrs, plus efficaces et moins invasifs.« 

Sa plus grande réussite (à ce jour), c’est Rosa, un robot assistant les neurochirurgiens lors d’opérations au niveau de la boite crânienne. Créé en 2009, Rosa guide et aide les médecins lors de biopsies, d’implantations d’électrodes et de procédures à crâne ouvert.

Medtech a été fondée en 2002 à Montpellier, où elle a toujours son siège, même si elle a entre temps ouvert une filiale non loin de New York. La même année il remporte le prix de l’ANVAR. En 2004, Medtech s’installe à Cap Oméga, la pépinière du BIC de Montpellier Agglomération. Trois ans plus tard elle déménagera pour le parc d’activités Euromédecine. Toujours en 2007, Bertin Nahum sera d’ailleurs aux côtés de Georges Frêche et Patricia Reeb lorsqu’ils recevront à Seattle le prix NBIA (National Business Incubation Association) de la meilleure pépinière au monde.

Outre ses qualités de chef d’entreprise innovante Bertin Nahum fait aussi preuve d’un sens aigu de l’analyse, notamment en ce qui concerne l’état des lieux de l’innovation en France. En effet, si le mot « innovation » reste à la mode et ne semble connaître que des soutiens inconditionnels, il n’en est pas de même lorsqu’il s’agit d’épauler efficacement les chefs d’entreprise. Du coup, l’innovation française – même de qualité – fait rarement le poids face à ses compétiteurs internationaux. Bertin Nahum s’en est ouvert sans ambages dans Atlantico :

« L’avantage que l’on retrouve aux Etats-Unis, en Asie ou au Moyen-Orient est le fait que nos interlocuteurs finissent par s’affranchir de notre origine, qui l’on est d’où l’on vient, pour se concentrer uniquement sur la qualité de nos produits ainsi que sur notre capacité à le distribuer. C’est souvent plus rare de retrouver cette attitude en France, où l’on a de véritables difficultés à être pris au sérieux en tant que jeune entreprise innovante, les clients potentiels préférant investir dans des produits commercialisés par les grandes entreprises américaines, jugées plus sûres. Il y a en France une véritable désillusion des innovateurs quand il s’agit de conquérir le marché domestique, qui est pourtant censé être le terrain d’essai des sociétés technologiques. »

Loin de s’en tenir au constat, Bertin Nahum expose dans le même entretien son expérience et les solutions qu’elle lui laisse entrevoir :

« De mon point de vue, je pense que l’on a une approche de l’accompagnement et du soutien des entreprises innovantes qui est une forme d’assistance, basée sur l’octroi de subventions. […] J’estime que les pouvoirs publics nous assisteraient mieux s’ils favorisaient l’entrée des entreprises innovantes sur les marchés, en les rendant plus visibles, donc plus crédibles vis-à-vis des éventuels acheteurs

[…] Un exemple très concret de ce problème est le fonctionnement d’Oséo : lorsqu’une société comme la mienne cherche à développer un programme de recherche, la seule aide qui est proposée est d’ordre financière.[…] Oséo serait à mon avis bien plus utile si elle repérait nos potentiels clients en bout de chaîne, et qu’elle leur allouait directement les subventions qui nous sont normalement destinées. Cette méthode serait selon moi un excellent tremplin pour des structures innovantes qui sont aujourd’hui, on le sait, à la peine.« 

Espérons que la crédibilité acquise sur ces sujets par Bertin Nahum en fera un interlocuteur écouté, à même d’être entendu sur ces sujets.

[INSEE] Recherche et développement en Languedoc-Roussillon : une dynamique certaine

C’est par objectifgard.com que j’ai eu connaissance de cette étude de l’INSEE portant sur l’état de la filière recherche et développement en Languedoc Roussillon. En voici quelques extraits éloquents. A noter que les chiffres présentés sont ceux de l’année 2009.

Le Languedoc-Roussillon occupe le quatrième rang des régions métropolitaines pour l’intensité des activités de recherche et développement (R&D), malgré une modeste contribution de la recherche privée. L’importance de la recherche publique et l’essor de la recherche privée, caractérisent la R&D en Languedoc-Roussillon. En 10 ans, le budget des entreprises consacré aux travaux de recherche et développement a plus que doublé en Languedoc-Roussillon. C’est la seconde plus importante évolution régionale de cette décennie, après Midi-Pyrénées.

En 2009, les entreprises et les administrations du Languedoc- Roussillon ont dépensé près de 1 700 millions d’euros pour leurs activités internes de recherche et développement (DIRD).

C’est dix fois moins qu’en Île-de-France, qui concentre 40 % de la recherche et du développement en France. Toutefois, par rapport à 2008, la progression de la dépense en Languedoc-Roussillon est deux fois plus importante qu’en moyenne nationale (+ 7,9 % contre + 3,8 %). Les entreprises de la région ont poursuivi leur effort de recherche en dépit de la crise économique et financière : leur dépense intérieure de recherche et développement a augmenté de + 1,7 % entre 2008 et 2009.

Les dépenses internes de recherche et développement réalisées en Languedoc-Roussillon représentent 2,8 % du PIB régional. Ce ratio exprime la part des ressources consacrée par la région à la R&D, appelée l’intensité de R&D. Il situe la région au quatrième rang des régions de France métropolitaine, après Midi-Pyrénées, l’Île-de-France et la Franche- Comté.

Le secteur de la R&D emploie 14 000 personnes dont 8 000 chercheurs (en équivalent temps plein), soit 4 % des effectifs nationaux de R&D, plaçant le Languedoc-Roussillon au sixième rang des régions françaises. Avec un ratio de neuf chercheurs pour mille emplois salariés, la région occupe également la sixième position sur le plan national (Graphique 2).

Le réservoir d’emplois et de dépenses de R&D peut être considéré comme un potentiel d’offre dont les entreprises peuvent bénéficier. Notamment, celles qui s’implantent dans la région.

Les quatre axes de la Stratégie Régionale de l’Innovation

En Languedoc-Roussillon, l’innovation est une priorité depuis plus de 15 ans. La dynamique d’innovation s’appuie aujourd’hui sur la Stratégie Régionale d’Innovation (SRI), initiée par l’État et la Région sous l’impulsion de l’Europe.

La SRI s’appuie sur quatre axes stratégiques pour dynamiser le potentiel d’innovation régional. Ces quatre axes sont :

  • « Favoriser l’innovation pour tous » : toute entreprise, en tout point du territoire, peut bénéficier en Languedoc-Roussillon d’un appui dans ses démarches d’innovation, quel que soit le type d’innovation choisi (innovation technologique, mais aussi innovation marketing, organisationnelle, managériale ou sociale).
  • « Valoriser la matière grise » : pour dynamiser leurs projets innovants, les entreprises du Languedoc-Roussillon peuvent s’appuyer sur un vaste vivier de « matière grise » en mobilisant les organismes de recherche publique, les établissements d’enseignement supérieur et les Ecoles (plus de 200 laboratoires de recherche publique, plus de 5 000 chercheurs publics).
  • « Stimuler la convergence » : les entreprises peuvent innover en développant des collaborations avec les entreprises d’autres secteurs d’activité, notamment avec les entreprises des Technologies de l’information et de la communication (TIC) ; ceci, en s’appuyant sur une palette d’outils régionaux.
  • « Renforcer les connexions internationales » : les entreprises innovantes sont accompagnées dans leur accès aux marchés internationaux.

Le soutien à l’innovation technologique et à la «valorisation de la matière grise» est un axe fort de la Stratégie Régionale. Une illustration : l’Europe, OSEO et la Région ont alloué depuis 2007 plus de 58 M € pour l’innovation technologique et la R&D collaborative, dans le cadre du Fonds Régional d’Innovation.

L’ensemble des actions de la Stratégie Régionale d’Innovation et les outils à la disposition des entreprises qui innovent sont décrites sur le site : www.placedelinnovation.eu