Bertin Nahum, ou la réussite par l’innovation

Son nom est désormais sur toutes les lèvres : Bertin Nahum, patron de Medtech, le montpelliérain qui tutoie le temps d’un classement les génies géants des XXème et XXIème siècles que sont Steve Jobs (Apple), Mark Zuckerberg (Facebook) et James Cameron (Titanic et Avatar, entre autres).

Le classement en question est celui réalisé par le magazine pédagogique canadien The 10 Discovery Series, qui a consacré l’un de ses numéros aux 10 chefs d’entreprises high-tech les plus révolutionnaires. Bertin Nahum y figure en quatrième position, derrière les trois lauréats prestigieux cités à l’instant. Parmi ceux qui le suivent citons notamment le Chinois Robin Li, septième, fondateur du moteur de recherches Baidu, ou encore Paul Hawkins, neuvième, inventeur du Hawk-Eye, un calculateur de trajectoire de balles de tennis, cricket et autres sports.

L’entreprise de Bertin Nahum, Medtech, se définit elle-même comme

« une entreprise au service de la santé dont la mission consiste à étendre à une plus large échelle l’utilisation des technologies médicales pour le bénéfice des patients, des praticiens et des organismes de santé. Elle conçoit, développe et met sur le marché une nouvelle génération de technologie d’assistance aux gestes médico-chirurgicaux contribuant à la mise en œuvre de traitements plus sûrs, plus efficaces et moins invasifs.« 

Sa plus grande réussite (à ce jour), c’est Rosa, un robot assistant les neurochirurgiens lors d’opérations au niveau de la boite crânienne. Créé en 2009, Rosa guide et aide les médecins lors de biopsies, d’implantations d’électrodes et de procédures à crâne ouvert.

Medtech a été fondée en 2002 à Montpellier, où elle a toujours son siège, même si elle a entre temps ouvert une filiale non loin de New York. La même année il remporte le prix de l’ANVAR. En 2004, Medtech s’installe à Cap Oméga, la pépinière du BIC de Montpellier Agglomération. Trois ans plus tard elle déménagera pour le parc d’activités Euromédecine. Toujours en 2007, Bertin Nahum sera d’ailleurs aux côtés de Georges Frêche et Patricia Reeb lorsqu’ils recevront à Seattle le prix NBIA (National Business Incubation Association) de la meilleure pépinière au monde.

Outre ses qualités de chef d’entreprise innovante Bertin Nahum fait aussi preuve d’un sens aigu de l’analyse, notamment en ce qui concerne l’état des lieux de l’innovation en France. En effet, si le mot « innovation » reste à la mode et ne semble connaître que des soutiens inconditionnels, il n’en est pas de même lorsqu’il s’agit d’épauler efficacement les chefs d’entreprise. Du coup, l’innovation française – même de qualité – fait rarement le poids face à ses compétiteurs internationaux. Bertin Nahum s’en est ouvert sans ambages dans Atlantico :

« L’avantage que l’on retrouve aux Etats-Unis, en Asie ou au Moyen-Orient est le fait que nos interlocuteurs finissent par s’affranchir de notre origine, qui l’on est d’où l’on vient, pour se concentrer uniquement sur la qualité de nos produits ainsi que sur notre capacité à le distribuer. C’est souvent plus rare de retrouver cette attitude en France, où l’on a de véritables difficultés à être pris au sérieux en tant que jeune entreprise innovante, les clients potentiels préférant investir dans des produits commercialisés par les grandes entreprises américaines, jugées plus sûres. Il y a en France une véritable désillusion des innovateurs quand il s’agit de conquérir le marché domestique, qui est pourtant censé être le terrain d’essai des sociétés technologiques. »

Loin de s’en tenir au constat, Bertin Nahum expose dans le même entretien son expérience et les solutions qu’elle lui laisse entrevoir :

« De mon point de vue, je pense que l’on a une approche de l’accompagnement et du soutien des entreprises innovantes qui est une forme d’assistance, basée sur l’octroi de subventions. […] J’estime que les pouvoirs publics nous assisteraient mieux s’ils favorisaient l’entrée des entreprises innovantes sur les marchés, en les rendant plus visibles, donc plus crédibles vis-à-vis des éventuels acheteurs

[…] Un exemple très concret de ce problème est le fonctionnement d’Oséo : lorsqu’une société comme la mienne cherche à développer un programme de recherche, la seule aide qui est proposée est d’ordre financière.[…] Oséo serait à mon avis bien plus utile si elle repérait nos potentiels clients en bout de chaîne, et qu’elle leur allouait directement les subventions qui nous sont normalement destinées. Cette méthode serait selon moi un excellent tremplin pour des structures innovantes qui sont aujourd’hui, on le sait, à la peine.« 

Espérons que la crédibilité acquise sur ces sujets par Bertin Nahum en fera un interlocuteur écouté, à même d’être entendu sur ces sujets.

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