Languedoc-Roussillon : les chiffres clés de l’économie éd. 2013 [Direccte LR]

Languedoc

La Direccte LR a publié récemment l’édition 2013 des chiffres clés relatifs à l’économie du Languedoc Roussillon. En voici quelques uns via les visuels extraits de la plaquette. Les commentaires sont ceux d’Entreprendre en Languedoc.

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Languedoc-Roussillon : quel paysage économique ?

Le 10 janvier dernier la DIRECCTE Languedoc-Roussillon publiait les Chiffres Clés, édition 2012. C’est l’occasion annuelle de faire le point sur le paysage économique dans lequel s’ancrent nos activités professionnelles respectives. Les tableaux sont extraits de l’étude, les commentaires sont ceux d’Entreprendre en Languedoc.

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A quoi ressemble un patron en Languedoc Roussillon ?

Au XXIème siècle, si le patron n’est plus systématiquement représenté en train de fumer son gros cigare, son image reste incrustée de quelques lieux communs fort médiatisés tels que les stock options, les retraites chapeaux ou encore les parachutes dorés. C’est pour (tenter d’) en venir à bout que le MEDEF Languedoc Roussillon a commandé à l’IFOP fin 2011 une enquête de terrain afin de cerner le profil réel des chefs d’entreprise de la région, ceux qui se battent au quotidien pour créer ou préserver des emplois et féconder le tissu économique régional.

L’étude est intéressante, merci au MEDEF LR pour cette initiative. En voici quelques éléments, n’hésitez pas à lire l’intégralité de l’enquête ici. Les commentaires sont ceux de l’étude, les miens propres sont en italique.

Les circonstances de l’arrivée à la tête de son entreprise

  • Les deux tiers (65%) des dirigeants ont pris la tête d’entreprises pré-existantes, les créateurs d’entreprise représentant moins d’un tiers (30% environ) de l’échantillon.
  • 30% de créateurs, 24% de repreneurs et 29% de promotion interne. Seuls 12% des dirigeants interrogés ont bénéficié d’une transmission familiale.
  • Les hommes arrivent plus souvent à la tête d’une entreprise par promotion (31%) que les femmes (27%).
  • Il en va de même pour les jeunes de moins de 35 ans (42%) par rapport aux plus de 35 ans (27%).

L’origine de l’idée de diriger une entreprise

A titre personnel j’ai un peu de mal à comprendre la cohérence de cette question, puisque l’ambition, l’opportunité ou la transmission familiale restent des choix à mes yeux… mais elle reste révélatrice d’un certain volontarisme. 

L’estimation de son nombre d’heures de travail hebdomadaire

  • La moyenne hebdomadaire de travail est de 54,5 heures.
  • Cet engagement est très fort en Lozère où 100% des chefs d’entreprise déclarent travailler plus de 45 heures par semaine, ainsi que dans les secteurs de l’industrie et du BTP (90% et 88% respectivement).
  • Si 86% des dirigeants hommes déclarent travailler au moins 45 heures par semaine, 67% des dirigeantes donnent la même information.

L’estimation de sa rémunération annuelle nette

  • La majorité des dirigeants en Languedoc Roussillon (72%) perçoivent moins de 50 000 € nets par an et un peu plus d’un tiers moins de 30 000 €.
  • 85% des femmes gagnent moins de 30 000 € alors que la proportion n’est que de 66% pour les hommes.
  • Cette observation se vérifie pour les jeunes et les seniors : 93% des moins de 35 ans touchent moins de 30 000 € contre 68% pour les plus âgés.
  • Les départements dans lesquels les rémunérations sont les plus basses sont la Lozère (94%) et l’Aude (78%).
  • Il faut noter que 100 % des répondants de la Lozère donnent une rémunération inférieure à 50 000 €.

La perception de sa principale qualité en tant que chef d’entreprise

Le principal élément de fierté en tant que chef d’entreprise

 

  • Les femmes sont davantage sensibles à la renommée locale ou régionale et au statut social (27%) que les hommes (18%).
  • Les dirigeants de moins de 35 ans sont d’abord fiers de contribuer au dynamisme économique de la région en créant des emplois (35%).
  • Plus le nombre de salariés est grand, plus la fierté de contribuer à créer des emplois est importante : passant de 30%, pour les entreprises de 6 à 9 salariés à 50% pour les entreprises de 50 salariés et plus.

Le conseil donné à un proche concernant un avenir de chef d’entreprise

  • Les trois quarts des dirigeants, en moyenne, sont prêts à pousser leur enfant ou un proche à devenir chef d’entreprise.
  • Les hommes y sont légèrement plus enclins (77%) que les femmes (70%).
  • Les moins de 35 ans sont plus disposés à recommander à un proche de devenir chef d’entreprise (82%) que leurs aînés (73%).
  • La proportion de « oui » croît nettement avec le niveau de rémunération : elle passe de 68% pour les dirigeants dont le revenu est inférieur à 30.000 € à 84% pour ceux qui ont un revenu est supérieur à 80.000 €.

L’existence d’un autre projet professionnel pour l’avenir

  • 56% des moins de 35 ans déclarent avoir un projet à alors que les plus de 35 ans ne sont plus que 42%.

L’existence d’une occupation en dehors de l’entreprise

  • C’est en Lozère, et de très loin, que les dirigeants sont les plus nombreux à déclarer une occupation annexe (84%); à contrario, c’est dans l’Aude (42%) et l’Hérault (49%) que les chefs d’entreprises ont moins d’activité annexe.
  • Dans les très petites entreprises (moins de 9 salariés), 54% des chefs d’entreprise déclarent n’avoir aucune occupation en dehors de leur entreprise ; pour les 50 salariés et plus, on passe à 42%

Le nombre de semaines de vacances prises en 2010

  • Environ 90% des dirigeants en Languedoc-Roussillon ont pris des vacances en 2010.
  • C’est parmi les moins de 35 ans que nous trouvons la plus forte proportion de chefs d’entreprise ne prenant pas de vacances (15% contre au plus 10% pour leurs aînés).
  • Il en va de même pour les dirigeants de l’Hérault (14%), qui, paradoxalement est aussi le département dans lequel la proportion de chefs d’entreprise ayant pris plus de 4 semaines de vacances est la plus élevée.
  • Le niveau de rémunération semble avoir une importance puisque le pourcentage de dirigeants n’ayant pas pris de vacances est plus important pour des rémunérations inférieures à 50 000 € alors que 50% des dirigeants ayant une rémunération supérieure à 50 000 € s’octroient plus de quatre semaines de congés par an.

L’estimation de son état de santé actuel

  • 97% des chefs d’entreprise du Languedoc-Roussillon se considèrent en bonne santé dont 30% se déclarent en très bonne santé.
  • Aucun entrepreneur de moins de 35 ans, aucun Lozérien et aucun dirigeant ayant une rémunération annuelle de plus de 80 000 € ne se plaint de sa santé.

Languedoc-Roussillon : les chiffres-clés de l’économie

La CCI Languedoc-Roussillon a publié il y a quelques jours la version 2012 (6ème édition) des chiffres-clés de l’économie régionale. Ce sont 75 pages de graphes et de commentaires permettant de mieux comprendre l’ensemble du tissu économique régional, sa souplesse et ses contraintes. Voici quelques unes de ses caractéristiques, essentiellement visuelles.

Languedoc-Roussillon : répartition de la population

Languedoc-Roussillon : PIB

Languedoc-Roussillon: Tissu économique et valeur ajoutée

Languedoc-Roussillon : Structure de l’emploi

Languedoc-Roussillon : Création d’emploi

Alain Bertrand, Président de Sud de France Développement

SUD DE FRANCE DEVELOPPEMENT EN 2012

Nous évoquions il y a peu le Road Tour 2012  de Sud de France Développement, symbole du dynamisme languedocien. Or dans son édito en introduction de la plaquette de programme 2012 Sud de France Développement – Multisectoriel, Alain Bertrand dresse un bilan positif de la marque créée en 2006 :

« Sud de France compte près de 6877 produits référencés et 1984 entreprises adhérentes, côté tourisme, elle regroupe 670 établissements Qualité Sud de France et 50 établissements haut de gamme rassemblés dans le cercle Prestige. Avec trois Maisons de la Région Languedoc-Roussillon à Shanghai, Londres et New York, bientôt une quatrième à Casablanca, Sud de France Développement conduit près d’un demi millier d’opérations destinées à aider les entreprises du Languedoc-Roussillon à travers le monde et en France.« 

Ce bilan se prolonge par l’évocation d’une actualité chargée pour Sud de France Développement. En effet, « fin 2011, le Conseil Régional du Languedoc-Roussillon a décidé de confier à Sud de France Développement les missions de promotion du tourisme dévolues jusqu’alors au Comité Régional du Tourisme » pour une politique économique de promotion et d’accompagnement des entreprises régionales vers les marchés nationaux et internationaux plus cohérente.

LE PARCOURS D’ALAIN BERTRAND

C’est en décembre 2010 qu’Alain Bertrand devient Président de Sud de France Développement, qui à l’époque s’appelle d’ailleurs encore Sud de France Export. L’ancien inspecteur des domaines né dans le Tarn en 1951 est alors maire de Mende, et ce depuis mars 2008, comme le rappelle Wikipédia :

« Il se présente, pour la seconde fois, en mars 2008, aux élections municipales à Mende, où il gagne avec 51,53% des suffrages face au député UMP Francis Saint-Léger. Il fait ainsi basculer la préfecture de Lozère à gauche, fait exceptionnel pour cette ville acquise à la droite depuis la Libération, et la disparition d’Henri Bourrillon chef de la Résistance lozérienne. Il avait reçu le soutien de l’ancien maire, Jean-Jacques Delmas, anciennement UDF, passé au MoDem.« 

Son ascension politique ne s’arrête pas là, puisque en septembre 2011, il conquiert face au sortant Jacques Blanc son siège de sénateur avec 173 voix contre 169, soit 50,58 % des voix. Or  depuis le départ du Sénat de Pierre de Chambrun en 1942, la Lozère n’avait plus eu de sénateur de gauche.

Cependant, à la suite d’une requête de son prédécesseur et adversaire Jacques Blanc, l’élection au Sénat est annulée par le Conseil constitutionnel le 22 décembre 2011.

Entre temps, immédiatement après l’élection, la Présidence de Sud de France Développement avait connu une période de flottement. Ysis Percq d’Objectif-lr.com rappelait qu’Alain Bertrand s’était un moment interrogé sur la pertinence de son maintien à la tête de l’agence :

« J’ai 30 jours pour me prononcer, explique-t-il. Si je quitte la vice-présidence de la Région, ma fonction de président de Sud de France Développement ne serait pas forcément remise en cause. Nous en avons parlé avec le président de Région, Christian Bourquin. Il y réfléchit. »

Ysis Percq évoquait alors les noms de ses remplaçants potentiels partiellement déclarés :

  • Fabrice Verdier. Le vice-président de Sud de France Export depuis décembre 2010, vice-président du Conseil régional du Languedoc-Roussillon chargé de la viticulture et de l’agriculture et président de l’Areflh (assemblée des régions d’Europe fruitières, légumières et horticoles) serait candidat.
  • Agnès Jullian. La présidente du CRT et vice-présidente de Sud de France Export depuis peu, ne préfère pas se prononcer tant qu’Alain Bertrand n’a pas fait connaître sa décision.
  • Jean-Claude Gayssot. Le vice-président de la Région délégué aux Relations internationales et à l’Europe se dit prêt à y réfléchir : « Je ne suis candidat à rien. Avec mes responsabilités à l’Europe, à l’International et à la Francophonie, j’ai déjà beaucoup à faire. Mais, si on me le propose, j’en parlerai et regarderai le temps que cela prend. »

Il semble néanmoins qu’Alain Bertrand soit désormais reparti pour un tour à la tête de Sud de France Développement.

L’ORGANIGRAMME DE SUD DE FRANCE DEVELOPPEMENT

Précisons enfin que Sud de France Développement est avant tout un travail d’équipe, ce que l’organigramme du groupe confirme sans ambiguïté :

Sud de France Développement, les plaquettes des programmes 2012 :

  • programme d’actions 2012 de la filière Agroalimentaire
  • programme d’actions 2012 de la filière Multisectoriel
  • programme d’actions 2012 de la filière Tourisme
  • programme d’actions 2012 de la filière Vin

Jean-Jacques Bourdin : alésien, cévenol et languedocien

De gauche à droite, Philippe Ribot, maire de Saint-Privat-des-Vieux, Max Roustan, J-J Bourdin et Alain Dorison, Directeur de l’École des Mines d’Alès / © B.Hillaire – Mairie d’Alès

BOURDIN L’ALESIEN

Jean-Jacques Bourdin est un alésien de souche, et il se murmure qu’il l’est encore de cœur. Et ce n’est pas sa participation à la soirée de lancement de la marque « Alès avec un A comme Audace » en novembre dernier (voir photo) qui laissera percevoir le contraire.

D’ailleurs, l’animateur vedette de BFM TV et de RMC ne rate pas une occasion de revendiquer ses racines, qu’il replonge régulièrement désormais dans les terres viganaises :

«Je suis alésien, mon pays c’est les Cévennes. J’ai découvert le Pays viganais grâce à mon frère et j’ai eu le coup de foudre. [...] Je suis un des seuls de la profession à refuser catégoriquement les invitations à l’Elysée. C’est mes racines cévenoles ! Si le président veut me voir, ça sera chez moi, dans mon studio et selon mes conditions. Je tiendrai bon.»

Son enfance à Alès, c’est encore lui qui en parle le mieux, comme au site de Pleine Vie en juin 2009  :

«Je suis d’origine cévenole et l’aîné de cinq enfants. J’ai passé mes jeunes années à Alès, dans un milieu plutôt favorisé. Mon père avait une petite entreprise, ma mère n’a jamais travaillé. J’ai mené des études pas très brillantes, arraché mon baccalauréat en 1968, voilà en gros pour une enfance terriblement insouciante. De là, j’ai fait un bref passage à l’université, je sortais et buvais beaucoup à une époque, et puis j’ai connu les cartes, j’ai joué au poker, au bridge… Je n’ai pas persévéré dans mon cursus, j’ai exercé plusieurs métiers: chauffeur-livreur, vendeur d’assurances, VRP…

[...] [La culture protestante dans laquelle j'ai été élevé m'a enseigné] le goût de la tolérance. Mon livre de chevet est d’ailleurs Lettre sur la tolérance de John Locke. Tolérer ne veut pas dire adopter ni accepter, mais écouter. Et ça ne me gêne pas de recueillir les propos les plus violents.

[...] J’ai croisé Raymond Castans, directeur des programmes de RTL dont je connaissais la nièce. Nous avons discuté et engagé un pari sur le palmarès d’un coureur cycliste italien. Il l’a perdu et m’a dit: “Je vois que vous connaissez bien le sport, j’aurais peut-être un jour un stage à vous proposer.” J’aimais effectivement beaucoup cette matière, je tenais ça de ma grand-mère classée au tennis. Six mois après notre première entrevue, Castans m’a appelé à Alès un samedi en me demandant d’être à Paris le lundi. Moi qui ne connaissais que RMC, je suis parti à RTL en sachant vaguement que la station existait. J’y suis resté 26 ans ! J’ai enchaîné sept ou huit ans de journalisme sportif, du reportage et la présentation des différents journaux. Et j’ai, non pas créé, mais développé le principe de la parole aux auditeurs.»

L’ANIMATEUR VEDETTE

La suite, c’est Yann Fernandez qui la raconte :

«Durant 25 années Jean-Jacques Bourdin occupera différents postes de la fréquence la plus écoutée en France : stagiaire, reporter sportif, d’actualités, présentateur des grands journaux, directeur de l’édition du week-end. Mais une fois entré dans le XXIe siècle, Bourdin n’a qu’une seule idée en tête, celle d’instaurer l’interactivité entre le journaliste et son public dans une émission d’actualités. Bien que son émission Les auditeurs ont la parole remporte un franc succès sur RTL, la radio luxembourgeoise n’est pas convaincue par le concept.

Au printemps 2001, Jean-Jacques Bourdin reçoit un appel d’Alain Weill, fondateur du groupe audiovisuel NextRadioTV qui vient tout juste de racheter RMC dont les audiences sont en chute libre. Bourdin adhère au projet de Weill qui lui donne carte blanche pour une émission d’information interactive. Le journaliste met en place une recette qui fonctionne toujours aujourd’hui dans son émission Bourdin &Co. Du lundi au vendredi, de 7h à 11h, il fait intervenir des experts sur des sujets politiques, économiques ou de société, mais il laisse surtout un grand temps d’antenne au public qui peut aussi intervenir sur le blog, le chat ou le forum de l’émission. L’audience est invitée à témoigner plus qu’à donner une opinion, les témoignages des Français permettant de mieux comprendre l’actualité selon l’homme au 1,5 million d’auditeurs.

Proche du quotidien de ses auditeurs, le journaliste entreprend aussi de les aider à lutter contre la vie chère. A l’antenne, il lance le système Bourdin, qui permet à chacun de recommander les prix les plus bas ou avantageux sur des produits dans sa région. Les offres et les bons tuyaux passent à la radio et sont publiées sur le Net, ce qui rencontre un succès sans précédent en province notamment.»

LE LANGUEDOC ROUSSILLON

Car contrairement à la plupart de ses confrères parisiens, la province, il connait. C’est donc avec une assurance légitime qu’il analysait pour objectif-lr.com il y a quelques années l’image de sa région d’origine et de villégiature, le Languedoc Roussillon, au sein des microcosmes médiatiques parisiens :

«L’image du Languedoc-Roussillon à Paris est bonne. Il conserve une réputation un peu folle, pas dans le sens d’agitation politique, mais plus dans l’idée de mouvement. L’héliotropisme est constant, ce qui reflète un certain dynamisme et explique qu’autant de gens viennent s’y installer. En réalité, Paris ne connaît pas vraiment cette région qui s’étend de la Lozère au Canigou. Mais, entre nous, quel est le point commun entre un Lozérien et un Perpignanais ? J’ai une maison au Vigan où je me rends souvent et je connais bien la région.

[...] De Paris, on a compris que c’est une région dynamique, mais on a du mal à percevoir son poids économique. On reconnaît son rôle culturel, son attrait touristique, mais pas ses atouts industriels. À force de répéter que c’est la région des vacances et du soleil, on en est venu à occulter cet aspect des choses. De mon côté, j’observe qu’il existe en Languedoc-Roussillon quantité de zones à l’abandon où l’activité économique tourne au ralenti. J’en connais au moins une avec le Viganais. De façon générale, la région est mal identifiée, en dehors de Montpellier et de sa folie immobilière. Est-ce le Sud ? Ou plutôt le Sud-Ouest ? Les Parisiens ne savent pas vraiment nous situer. Songez que la plupart d’entre eux rangent Avignon en Languedoc-Roussillon…»

UN COUP DE FOUDRE A L’ANTENNE

Côté vie privée, Wikipédia rappelle qu’ « après avoir eu deux filles de son précédent mariage, Jean-Jacques Bourdin est marié avec Anne Nivat, grand reporter, avec qui il a eu un garçon, Louis, né en 2006. » Cette rencontre avec Anne Nivat, qui est en fait un coup de foudre survenu à l’antenne, il a pris le temps de la raconter lui-même à Paris Match :

« Le lundi 4 octobre 2004, à 8 h 30, Anne Nivat est mon invitée. A dix minutes de la prise d’antenne, à travers la ­vitre du studio, j’aperçois une silhouette de dos, debout. Pantalon, allure jeune, cheveux courts, j’ignore qui elle est et ne soupçonne pas un seul instant qu’il s’agit de mon interlocutrice du matin. A cette heure-là, j’ai encore d’elle une image tellement différente ! L’horloge tourne et l’« inconnue » prend place dans le studio à ma droite. Je réalise que cette jolie jeune femme, un peu fermée, est Anne Nivat. Il est évident qu’elle est venue à RMC à contrecœur. Je sens bien qu’elle se demande ce qu’elle fait là. Dès le début de l’interview, je croise son regard ­direct et sans concession. Avec passion, elle défend ceux qu’elle a côtoyés. Sa ­manière personnelle de pratiquer le ­métier m’impressionne. Elle part seule, vit seule, couche chez l’habitant, se déplace en taxi collectif. Je suis bluffé et tombe sous le charme. L’interview dure vingt-cinq minutes. Anne se détend, elle aussi.

Vient l’heure des infos de 9 heures. Dans le couloir, j’ai quatre minutes, pour lui dire au revoir, avant de retourner à mon micro. J’ose l’inviter à déjeuner le surlendemain. Elle accepte. Nous nous retrouvons dans un restaurant italien du VIIe arrondissement. Le repas se poursuit jusqu’en fin d’après-midi. Je sens qu’Anne n’est pas indifférente. Elle n’est pas du genre à perdre son temps, et là, elle s’abandonne. Elle est en instance de divorce, je vis séparé. Nous nous retrouvons le lendemain soir et elle regagne la Russie. Entre ses déplacements au Pakistan, en Afghanistan, en Irak ou en ­Sibérie, nous parvenons à nous revoir environ une fois par trimestre. Je deviens pour elle une sorte d’ange gardien. Nous convenons, dès qu’elle entre dans une zone dangereuse, de nous appeler toutes les quatre heures. Parfois même la nuit. Ainsi, rassuré, je peux la situer jusqu’à un soir du printemps 2005 où elle ne donne plus de nouvelles. Elle m’expliquera plus tard que, depuis Kandahar, seule avec un chauffeur afghan, elle avait décidé de gagner Farah, province frontalière de l’Iran où un ami, maire de la ville, l’attendait. Afin d’éviter de se faire repérer, elle avait coupé son téléphone et renoncé à me contacter.

Pour la première fois, j’ai peur et prends conscience de la place qu’Anne occupe dans ma vie. Vers 23 heures finalement, mon téléphone reçoit une sonnerie, une seule. Enfin ­arrivée à Farah, elle a mesuré mon ­angoisse et ma tendresse et m’a envoyé un signe. Depuis l’été 2005, nous vivons ensemble, et notre fils Louis est né en novembre de l’année suivante.

Anne poursuit ses grands reportages. Elle est retournée en Irak en juin et en octobre derniers. Chaque matin, elle intervenait par téléphone en direct sur RMC entre 8 heures et 8 h 30. Le premier jour, j’employais le vouvoiement. Mais les auditeurs qui sont perspicaces ont vite deviné que nous sommes un couple. Alors toutes les barrières sont tombées et nous nous tutoyons à l’antenne comme dans la vie.»

Rappelons enfin pour être tout à fait complet qu’en novembre 2010 Jean-Jacques Bourdin a reçu le prix Philippe Caloni, aussi appelé « prix du meilleur interviewer« , qui récompense de fait « un journaliste ayant fait preuve de talent et d’éclectisme, en particulier dans l’exercice de l’interview ou de l’entretien ».

ILS ONT DIT DE LUI

Christophe Jakubyszyn (ex Monde) :

« Bourdin ne correspond pas à l’image qu’en a l’establishment. […] Je fais ici exactement le même métier qu’au Monde, sauf que Bourdin le rend plus accessible. »

Nicolas Demorand (ex France Inter) :

« Pro, singulier, non formaté. Il réussit à faire du journalisme populaire de qualité, ce qui est extrêmement difficile et extrêmement rare. »

Marc Voinchet (France Culture) :

« Jean-Jacques Bourdin n’abonde jamais dans ce qu’on reproche traditionnellement à RMC, c’est-à-dire le populisme. Il a la dextérité et l’exigence des grands journalistes sportifs, qu’il tire de son passé au service des sports de RTL. Il affronte tous les sujets dans l’instant présent et sait décrypter en direct. Là où je l’admire, c’est dans sa conjugaison entre rigueur journalistique et son côté tout terrain. »

Marc-Olivier Fogiel (ex Europe 1) :

« [RMC] est une radio [factice, qui fait dans le people, ce dont j’ai horreur, et assez proche du pouvoir. Mais les journalistes sont bons. Si j’étais auditeur, j’écouterais France Culture. »