Combien valent les PME en France… et en Languedoc ?

Il y a quelques jours Les Echos publiait un panorama complet de la valeur réelle des PME et ETI françaises, région par région et secteur par secteur.

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Valorisation des PME et ETI : le palmarès des régions

Les chiffres fournis représentent des milliards d’euros.

  1. Ile de France : 296,8
  2. Rhône Alpes : 56,9
  3. PACA : 27,4
  4. Nord Pas de Calais : 17,7
  5. Pays de la Loire : 17,1
  6. Basse Normandie : 16,4
  7. Aquitaine : 15,6
  8. Hautes-Pyrénées : 12,4
  9. Centre : 12,4
  10. Alsace : 10,6
  11. Bretagne : 9
  12. Champagne Ardennes : 8,9
  13. Haute-Normandie : 8,7
  14. Languedoc-Roussillon : 8,4
  15. Picardie : 7,7
  16. Poitou Charentes : 7
  17. Lorraine : 6,7
  18. Bourgogne : 6,6
  19. Auvergne : 4,6
  20. Franche-Comté : 4,1
  21. Limousin : 3,8
  22. Corse : 0,9

Quelques remarques :

  • La somme des valorisations approchant 560 milliards d’euros, il saute aux yeux que l’Ile de France correspond déjà à plus de 50% de cette somme : la fin de la centralisation parisienne n’est pas pour demain !
  • La première région, l’Ile de France, représente plus de 5 fois la valorisation de sa première dauphine, la région Rhône Alpes.
  • Le Languedoc Roussillon arrive en 14ème position (sur 22) en termes de valorisation des PME et ETI de sa région. Si l’on excepte la Corse, le Languedoc-Roussillon est donc bon dernier du quatuor des régions du Sud de la France.

La répartition sectorielle : les podiums

  • Côté nombre d’entreprises, c’est la distribution qui arrive en tête (14 989) avant la construction (5148) et les services divers (4378).
  • En ce qui concerne la valorisation des entreprises concernées, ce sont cette fois les services divers qui arrivent en tête (142,8 milliards d’euros), avant la distribution (121,2 milliards d’euros) et l’industrie des matières premières (57,9 milliards d’euros).
  • Côté somme des CA 2012, la distribution repasse en tête (282,6 milliards d’euros), devant l’industrie des matières premières (89,2 milliards d’euros) et la construction (75,9 milliards d’euros).
  • Enfin, côté effectifs, c’est à nouveau la distribution qui remporte le premier prix avec 492 203 postes, devant la construction (308 648 postes) et les services divers (288 219 postes).

 

PME et ETI en France

Intrasense lève 4,2 millions d’euros en Bourse

Je m’étais intéressé à Intrasense il y a quelques semaines au moment de l’annonce de son entrée en Bourse. Jacques Ramon évoque ce matin dans Les Echos le résultat plus que positif de cette entrée en sur le marché Nyse Alternext : alors que la société espérait lever 3,7 millions d’euros, ce sont 4,2 millions qui lui échoient dans le cadre de l’offre globale.

D’après Patrick Mayette, directeur général d’Intrasense et cofondateur de la société avec Stéphane Chemouny,

« Les deux tiers serviront à accroître l’impact commercial avec notamment une vingtaine de recrutements et l’ouverture d’une filiale aux Etats-Unis, le reste sera investi en R&D, notamment dans le suivi des maladies chroniques. Au stade du développement de notre entreprise, notre cotation est une valeur stratégique, qui offre un gage de sérieux, de pérennité et de visibilité. En effet, nous faisons très peu de ventes directes mais si nous avons une offre intéressante, nous apparaissons comme une petite entreprise. Ce ne sera plus le cas. »

Et Jacques Ramon de décliner le pedigree de l’entreprise héraultaise :

« Née en 2004 au sein de la pépinière d’entreprises Cap Oméga de Montpellier Agglomération, Intrasense conçoit, développe et commercialise un dispositif médical unique, le logiciel Myrian, destiné à la visualisation et à l’analyse d’images médicales. Ces solutions assistent les radiologues et les cliniciens afin de fiabiliser leur diagnostic, planifier un geste chirurgical ou décider d’une thérapie, notamment dans la prise en charge des cancers. Il est désormais décliné en 11 langues.

[...] Les solutions Myrian permettent de créer rapidement des images interactives en 2D et 3D à partir d’examens issus de scanners X, d’IRM ou de TEP. Elles sont également compatibles avec les radios conventionnelles, l’imagerie nucléaire 2D, les échographies, etc. [...] La société souhaite donc élargir sa cible de clientèle en proposant notamment son logiciel aux laboratoires. Elle va donc développer un service marketing et signer de nouveaux accords commerciaux pour développer les ventes du logiciel sous marque blanche avec des contrats de partenariat industriel comme celui qui vient d’être signé avec Toshiba. L’ouverture d’une filiale aux Etats-Unis figure au rang des priorités car ce pays concentre plus d’un tiers du marché mondial du secteur de l’imagerie médicale. »

A titre d’information, rappelons enfin qu’Intrasense emploie 44 personnes, dont 20 en recherche et développement, et développe une filiale à Shanghai forte de déjà 4 personnes. son chiffre d’affaires est de 2,4 millions d’euros pour 2011, dont 50 % à l’international.

Dette publique française : le point fin 2011

On a beau vivre – et entreprendre – en Languedoc, on n’en reste pas moins dépendant de la situation économique et financière de notre beau pays, la France. Ah, la France ! Ses paysages, ses vins, ses fromages… et sa dette.

C’est sur ce dernier point que je vous propose de tirer un bilan, et ce grâce à l’article des Echos dont je viens de prendre connaissance, et que je vous propose ci-dessous en pièces détachées.

Je renvoie tous ceux pour qui ces chiffres représentent une réalité trop brutale à mon article sur les (mauvais) chiffres de l’emploi en novembre, où ils trouveront une palette de réactions à adopter face à la douleur.

Sur ce, trêve de discours, plongeons au cœur du sujet.

Voici les chiffres-clés de la dette publique de la France après la publication mercredi des chiffres du troisième trimestre :

  • La dette publique de la France (Etat, collectivités locales et sécurité sociale) a atteint 1.688,9 milliards d’euros fin septembre, soit environ 85,3% du produit intérieur brut.
  • La dette de l’Etat s’élevait à 1.330,7 milliards d’euros fin septembre, celle des administrations de sécurité sociale à 194,6 milliards, celle des collectivités locales à 152,9 milliards et celle des organismes divers d’administrations centrales à 10,8 milliards.
  • La dette publique a considérablement augmenté avec la crise. Fin 2007, elle était de 1.211,6 milliards, soit 64,2% du PIB.

Le gouvernement prévoit que le niveau de dette par rapport au PIB commencera à décroître en 2013. L’actualisation fin novembre de la trajectoire des finances publiques prévoit une dette à :

  • 84,9% du PIB fin 2011,
  • 88,3% fin 2012,
  • 88,2% fin 2013,
  • 87,1% fin 2014,
  • 84,9% fin 2015,
  • et 81,8% fin 2016.

Ces prévisions comprennent le soutien financier aux pays de la zone euro en difficulté.

Pour y parvenir, le gouvernement prévoit de réduire le déficit public (l’écart entre les recettes et les dépenses publiques) de :

  • 5,7% du PIB fin 2011 à 4,5% fin 2012,
  • 3,0% fin 2013,
  • 2,0% fin 2014,
  • 1,0% fin 2015,
  • et de parvenir à l’équilibre fin 2016.

L’opposition socialiste, favorite pour l’élection présidentielle du printemps 2012 selon les sondages, s’est elle aussi engagée à revenir à 3% fin 2013 et vise l’équilibre en 2017.

La France n’a pas dégagé d’excédent public depuis 1974.

Je vous dispense des chiffres détaillés de la dette négociable, vous les trouverez dans l’article sus-nommé. Mais il me semble important de mentionner le programme de financement de la France pour les années à venir – vu que c’est un peu quand même ce dont nous dépendons tous directement.

  • Le programme de financement indicatif de la France pour 2012 est de 178 milliards d’euros de dette à moyen et long terme après 184 milliards en 2011.
  • Il prévoit, comme en 2010 et 2011, une diminution de la dette à court terme qui avait été privilégiée après la faillite de Lehman Brothers.
  • L’encours de la dette à court terme serait réduit de 4,2 milliards d’euros, après une réduction de 10,0 milliards en 2011.
  • La charge de la dette dépassera 46 milliards d’euros en 2011. Le budget 2012 prévoit qu’elle atteindra 48,8 milliards l’an prochain sur un total de dépenses de l’Etat d’environ 380 milliards, devenant le premier poste budgétaire devant l’Enseignement scolaire, si l’on déduit de ce dernier les retraites.

Bon courage à chacun. Soyez forts.

Innovation et PME : Comment protéger et valoriser ses innovations ?

Montpellier Agglomération, en partenariat avec l‘INPI organise le second cycle de Conférence Montpellier-Prospectives sur le thème «Innovation et PME : Comment protéger et valoriser ses innovations ?» qui aura lieu le 8 décembre 2011 à 17h45 à l’Hôtel d’Agglomération, salle Zeus.

Parce que le processus de création, de recherche qui conduit à l’innovation est risqué, parce que l’innovation est indispensable dans une optique de compétitivité et de développement, la PME innovante, quel que soit son secteur d’activité, doit intégrer dans sa stratégie une réflexion sur la protection et la valorisation de son innovation. Que faut-il protéger ? Comment ? Et pour quels résultats ?

Le secret professionnel, la propriété industrielle, le droit d’auteur, la normalisation, un investissement soutenu en R&D sont des stratégies à coordonner pour se défendre d’une part, mais pas seulement. Il s’agit aussi de valoriser son entreprise, de développer une position de leader sur un secteur, d’adopter une attitude offensive en transformant une innovation en avantage concurrentiel.

Dans un contexte d’internationalisation, de développement de l’innovation collaborative, des experts de la protection de l’innovation vous aideront à comprendre les enjeux de la propriété intellectuelle et l’intégrer dans votre stratégie de développement.

PROGRAMME

Animation par Jacques Ramon, journaliste aux Echos.

Accueil des participants

Michel Aslanian, vice-président de Montpellier Agglomération, délégué à l’innovation

Avis d’expert

Quels choix s’offrent à l’entreprise en matière de protection ? Comment intégrer la propriété intellectuelle dans sa stratégie d’entreprise. Que faut-il protéger ? Comment ? A quel coût et pour quel résultat ? Quelles sont les spécificités d’une protection à l’international ?

Pierre Breesé, président de Fidal Innovation, expert de la propriété intellectuelle auprès de la cour d’appel de Paris, co-auteur des guides DGCIS à destination des PME « PME, pensez PI » et « PME, alliez PI et normalisation »

Témoignages d’entreprises

  • Awox, Olivier Carmona, directeur marketing technique : Stratégie internationale de propriété industrielle pour une PME régionale sur le marché de l’électronique grand public
  • Intrasense, Frédéric Banégas, directeur technique : Création d’un patrimoine technologique protégé et identifié dans un environnement hautement concurrentiel, international et collaboratif
  • Histalim, Jean-Philippe Coton, directeur : Stratégie de valorisation de l’innovation par la normalisation
  • Horiba Medical, Martine Clot, responsable propriété industrielle : Stratégie de propriété industrielle pour des projets collaboratifs en environnement international
  • Indatech, Sylvie Roussel, présidente : Comment concilier secret et brevet ?
  • Eramondi R&D, Jean-François Floch, président : Le rôle clef de la propriété intellectuelle dans la valorisation de l’entreprise

Inscription

Inscription gratuite et obligatoire avant le mercredi 7 décembre.

La conférence sera suivie d’un cocktail.

Accès

Hôtel de Montpellier Agglomération

50 place Zeus – Montpellier

Quartier Antigone

Parking Europa

Tramway Léon Blum

Les avantages fiscaux liés au financement des PME en question

Lu dans Les Echos sous la plume (ou le clavier) de Lucie Robequain

A compter de l’an prochain, le dispositif Madelin ne profitera plus qu’aux entreprises créées il y a moins de cinq ans, apportant un surcroît de recettes annuel de 190 millions d’euros pour l’Etat. Les députés ont en revanche renoncé à recentrer la réduction d’impôt pour emploi à domicile.

La générosité de l’Etat vis-à-vis des ménages investissant dans les PME s’amenuise chaque année. Après le dispositif ISF PME, raboté l’an dernier, c’est au tour du dispositif Madelin – son équivalent pour l’impôt sur le revenu – d’être remanié. Soutenus par le gouvernement, les députés ont profité de l’examen du collectif budgétaire, dans la nuit de mercredi à jeudi, pour recentrer la réduction d’impôt (égale à 22 % du capital investi cette année et à 19 % l’an prochain) sur les seules entreprises créées il y a moins de cinq ans.

Objectif : concentrer les investissements sur les dossiers les plus risqués et qui ont le plus besoin d’argent. « Ce sont souvent les moments où les entreprises ne disposent pas des fonds propres nécessaires pour lancer leurs projets et créer des emplois : les banques ne les financent pas ou peu, les fonds d’investissement interviennent à des niveaux supérieurs », a défendu le député UMP Nicolas Forissier. Autre contrainte : le contribuable devra investir dans des PME comptant moins de 50 salariés et réalisant moins de 10 millions d’euros de chiffre d’affaires.

Ainsi réformé, le dispositif Madelin va afficher une réelle complémentarité avec le dispositif ISF PME et les fonds de placement, qui continueront de profiter aux entreprises plus matures (jusqu’à 250 salariés et 50 millions de chiffre d’affaires). Cette initiative ne fait pas que des heureux : les entrepreneurs ayant pris pour habitude de réduire leur impôt en investissant dans leur propre PME, chaque année, risquent de beaucoup y perdre.

Une contrepartie importante

En contrepartie de cette restriction, les députés rendent le plafond moins contraignant. Celui-ci reste fixé à 100.000 euros de dépenses par an pour un couple, mais il sera désormais possible de reporter sur les quatre années suivantes les investissements qui auront dépassé le plafond. Autrement dit, un ménage pourra investir un ticket de 500.000 euros d’un seul coup, et déclarer 100.000 euros de dépense pendant cinq années, ce qui n’était pas possible jusqu’alors. La mesure est très importante pour les « business angels », qui ont souvent besoin de gros tickets pour boucler leur tour de table.

Au terme de vifs débats, les députés ont en revanche renoncé à recentrer la réduction d’impôt pour emploi à domicile, en excluant les activités de confort (coach sportif, coiffeur, etc.). « Il n’y a pas de jugement à porter sur le type de service. Ce que nous souhaitons, c’est faire vivre un secteur économique à part entière : les services à domicile », a plaidé Valérie Pécresse. La ministre du Budget est en revanche d’accord pour durcir fortement la taxation des retraites chapeaux, supérieures à 24.000 euros par mois (« Les Echos » du 29 novembre). Mais, alors que la commission des Finances propose un taux de 28 % (contre un taux supérieur de 14 % aujourd’hui), Bercy et le groupe UMP demandent à Gilles Carrez de le ramener à un niveau proche de 20 %.