Un pôle métropolitain Alès-Nîmes d’ici juin 2012

Voici l’interview donné par Max Roustan, président du Grand Alès, et Jean-Paul Fournier, président de Nîmes Métropole, au Journal du Grand Alès de décembre (p. 16-17) à propos des enjeux que recouvre la création d’un pôle métropolitain Alès-Nîmes.

Journal du Grand Alès : Vous avez décidé de créer, d’ici juin 2012, un Pôle métropolitain entre les Agglos d’Alès et de Nîmes. N’est-ce pas une couche de plus dans le mille-feuilles territorial ?

Max Roustan : Pas du tout ! C’est une strate dont nous avons besoin pour assumer notre destin commun en vue d’assurer le bien-être de nos populations. Il nous faut en effet préparer le territoire et anticiper sur l’arrivée de quelque 200000 habitants supplémentaires d’ici 2030.

Jean-Paul Fournier : Le défi que nous avions lancé avec Max en 2007 avec l’entente Alès-Nîmes est en train de fonctionner : nous sommes des pionniers ! Le Gard est à la pointe de l’innovation en matière d’organisation territoriale. J’ai participé activement, au Sénat, à l’élaboration de la loi sur les Pôles métropolitains et nous sommes parmi les tout premiers, en France, à en créer un.

JGA : En quoi la création du Pôle métropolitain Alès-Nîmes est-elle une nouvelle étape pour le développement du territoire ?

M.R. : En devenant une entité administrative officielle, nous serons davantage écoutés et nous obtiendrons davantage de financements, qu’ils soient régionaux, nationaux ou européens. Ce nouveau statut nous permettra de mieux faire face aux enjeux que nous avons à relever : la croissance démographique, la sécurité sanitaire, le développement des transports ferroviaire et routier,…

J.-P.F. : Juridiquement, le Pôle métropolitain aura le statut d’un syndicat mixte, avec un fonctionnement à parts égales entre Nîmes et Alès. Ainsi, ce Pôle pourra très concrètement se voir doté d’un budget propre, bras armé des décisions que nous prendrons en matière de développement et d’infrastructures.

JGA : Quels sont les principaux dossiers sur lesquels vous allez travailler ?

M.R. : Nous travaillons sur ces dossiers depuis quatre ans ! Autant dire qu’ils sont bien avancés… Nous avons ciblé cinq chantiers principaux : l’axe ferroviaire du Pôle, le développement du réseau très haut débit, la sécurisation de la ressource en eau, la coopération sanitaire entre l’hôpital d’Alès et le CHU de Nîmes et les éco-technologies.

J.-P.F. : Il faudra également nous occuper des routes, et spécialement de l’achèvement de la 2×2 voies et du contournement de Nîmes par le Nord-Ouest pour un accès direct à l’autoroute A9.

JGA : Le rail apparaît comme un élément capital de développement. Quel est exactement le rôle de l’axe ferroviaire Alès/Nîmes ?

M.R. : 70 % de la population gardoise habite autour de cet axe, première ligne transversale du Languedoc-Roussillon et épine dorsale de notre territoire. La modernisation de cette ligne est donc une nécessité impérieuse : elle fait d’ailleurs l’objet d’un “contrat d’axe” jusqu’à l’horizon 2013. La construction du viaduc de Courbessac, qui sera livré fin 2012, est déjà une première étape qui permettra d’augmenter la fréquence des trains entre Alès et Nîmes.

J.-P.F. : Nous devons également préparer l’avenir, en créant, sur notre territoire, une nouvelle gare TGV, qui permettra, lorsque le contournement de Nîmes et de Montpellier sera réalisé, à l’horizon 2020, d’accueillir les voyageurs venus de la plupart des grandes métropoles européennes.

JGA : En 2007 vous avez invité Montpellier Agglo, le Grand Avignon et Arles à vous rejoindre. Est-ce toujours d’actualité ?

J.-P.F. : Nécessairement, nous devons imaginer un cadre plus vaste allant de Sète, point d’entrée sur la mer Méditerranée, à Alès et à la Vallée du Rhône, riche en activité et en emplois industriels, en passant par les grandes agglomérations de Montpellier, d’Avignon ou de Nîmes, pour avoir une vision cohérente, sur la durée, et ainsi pouvoir supporter la résistance face aux grandes aires urbaines de France et d’Europe.

M.R. : Lors de ces 4es Assises Alès-Nîmes, Jean-Pierre Moure, président de Montpellier Métropole, est venu nous dire quelle admiration il a pour notre démarche. Il nous a même fait un appel du pied pour nous rejoindre. Cela va dans le bon sens, celui qui nous permettra d’exister dans la compétition nationale et européenne. Il est plus que temps de dépasser les frontières fluviales, départementales ou idéologiques pour associer nos forces en vue du développement harmonieux de toute une région.

Les grands dossiers du Pôle métropolitain

La gestion de l’eau

Pour assurer les besoins en eau des populations (vu la croissance démographique), le développement touristique et le renforcement de l’agriculture, il devient indispensable d’amener l’eau du Rhône sur les bassins de vie de Nîmes et Alès. L’étude pour l’adducteur d’eau Nîmes-Alès est en cours : elle sera rendue au 1er trimestre 2012.

Le contrat d’axe ferroviaire

La valorisation de la ligne ferroviaire entre Bessèges et Manduel comprend trois volets :

  1. la modernisation de la ligne Nîmes-Alès (en cours, avec le viaduc de Courbessac livré fin 2012),
  2. la rénovation de la ligne Alès-Bessèges, objectif : 3 000 voyageurs par jour à l’horizon 2020),
  3. la liaison de la gare de Nîmes avec la future gare TGV de Manduel (d’ici 2020).

Le désenclavement routier

Pour ce qui concerne l’achèvement de la 2×2 voies entre Alès et Nîmes et la bretelle de contournement Nord-Ouest de Nîmes, l’Etat étudie quatre variantes de tracés et les chiffrages sont estimés à 150 M€.

La couverture numérique

L’objectif du Pôle métropolitain est d’apporter le très haut débit (THB) sur Alès, en profitant des “tuyaux” sous la 2×2 voies. Le THB arrivera à Alès en 2012 et toute la ville sera irriguée, par 18 km de fourreaux, d’ici 2015. Dans un deuxième temps, toutes les ZAE du Grand Alès seront connectées puis les centres de toutes les communes du Grand Alès.

La coopération sanitaire

Le partenariat médical engagé depuis 2009 entre les hôpitaux d’Alès et de Nîmes permet d’assurer des soins de meilleure qualité au profit des patients.

Réaction de Hugues Bousiges, Préfet du Gard

« Ce qui vient d’être fait aujourd’hui est majeur. Le Gard, département très hétérogène, vient de se doter d’une colonne vertébrale avec cet axe Alès-Nîmes. Ce département manquait d’une structuration autour d’un pôle fort qui est désormais créé. Bravo pour la naissance de ce Pôle métropolitain et vous pouvez compter sur l’État à vos côtés. »

Réaction de Jean-Pierre Moure, président de Montpellier Métropole

« L’idée d’une grande Agglo entre Alès, Nîmes, Montpellier et Sète avait été évoquée en 2007. La métropolisation d’Alès et Nîmes en est le premier acte fort. En tant que président de l’Agglomération de Montpellier, je suis partant pour que l’on développe le premier but magnifique que vous avez marqué. »

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